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9 octobre 1915: Décret de mobilisation de tout indigène de dix-huit ans (AOF)

En 1910, Charles Mangin, compagnon de Marchand à Fachoda, prône dans le livre La Force Noire le recrutement de soldats parmi les indigènes. Dans la perspective des guerres modernes, il affirme que « le manque de nervosité de la race noire l'y rendra précieuse... L'insouciance du Noir et son fatalisme deviennent alors des qualités ».

La campagne de propagande ne rencontre pas l'enthousiasme espéré. Le décret de mobilisation du 9 octobre 1915 permet de lever 51.000 hommes au Sénégal et au Soudan. Les chefs traditionnels, déjà obligés de fournir de la main d'oeuvre pour le travail forcé, doivent maintenant livrer pour la guerre en Europe des hommes dont ils savent qu'ils ne reviendront pas. De nombreux troubles éclatent dès la fin 1915 : soulèvement des Bambaras de Bélédougou au Soudan, troubles violents à Bandiagara, Dori, Bobo-Dioulasso, San, Djenné. L'armée encercle les villages, s'empare des adultes et les emmène ligotés. Beaucoup s'infligent des blessures volontaires ou s'enfuient. Dans le cercle de Dédougou, 130.000 hommes prennent les armes. Le colonel Molard écrase ces rébellions avec des mitrailleuses et de l'artillerie. La rébellion contre les réquisitions gagne le Dahomey où les Baribas puis les Sombas se soulèvent. Le colonel Mourin les écrase.

Joost Van Vollenhoven, nommé gouverneur général de l'AOF en 1917, se bat désespérément contre le pouvoir pour empêcher ses prélèvements de chair à canon. « Cet empire africain, disait Van Vollenhoven, qui est pauvre en hommes est riche en produits, laissez-lui sa misérable population pour le ravitaillement pendant la guerre et pour l'après-guerre. » Mais le député sénégalais, Blaise Diagne, franc-maçon et non dépourvu d'ambition, après avoir dénoncé à l'Assemblée le massacre de ses compatriotes au Chemin des Dames, est promu par Clemenceau commissaire de la République en AOF, et fait une tournée de février à août 1918 de Dakar à Bamako pour convaincre ses compatriotes d'aller se battre en France. Il promet l'attribution automatique de la citoyenneté française à tout titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre. Van Vollenhoven démissionne et meurt sur le front.

Sources :

Gilbert Comte, L'Empire triomphant, Denoël, page 246-248.


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Jacques Morel 2003-05-03