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4 octobre 1948: Condamnation des parlementaires malgaches du MDRM (Madagascar)

A Madagascar, alors que le MDRM était intervenu plusieurs fois pour dissuader de toute action violente, ses trois députés, élus en 1946 avec 80% des voix, sont accusés d'avoir organisé l'insurrection du 29 mars 1947.

Les militants du MDRM sont arrêtés, le parti est dissous le 10 mai, la levée de l'immunité des parlementaires est votée à l'Assemblée Nationale le 6 juin. L'insurrection ne sera pas maîtrisée pour autant.

Le 4 octobre 1948, la Cour criminelle de Tananarive condamne à mort les députés du MDRM, Raseta et Ravoahangy et quatre autres accusés, condamne aux travaux forcés à perpétuité le 3ème député Rabemananjara, les conseillers de la République, Raherivelo, à 5 ans de travaux forcés, et Ranaivo, à 10 ans de réclusion. Ce procès est une machination politique destinée à casser l'énorme popularité et la légitimité reconnue des trois députés. Les interrogatoires des accusés sont faits hors la présence de leur avocat. Des aveux sont extorqués sous la torture dans les interrogatoires par la Sûreté, notamment le supplice de la baignoire. Il s'agissait de faire avaliser par les personnes arrêtées les thèses de l'administration sur l'origine de l'insurrection. Ainsi, le télégramme d'appel au calme du 27 mars aurait eu, un sens convenu à l'avance qui était en fait le signal de la révolte. A l'exception de Kana et de Ravelonahina, aucun chef de l'insurrection n'est entendu au procès. Ils sont morts ou ont été exécutés. Les députés demandent à être confrontés avec Samuel Rakotondrabe, chef de l'association secrète Jina, qui les avait mis en cause. Le juge d'instruction refuse. Condamné à mort par un tribunal militaire, Rakotondrabe est exécuté le 19 juillet 1948, trois jours avant l'ouverture du procès des parlementaires où il devait pourtant figurer comme accusé.107. Les tortures infligées aux inculpés sont évoquées avec un grand luxe de détails à l'Assemblée Nationale le 22 septembre 1948. Cela n'empêcha pas le verdict et sa confirmation par la cour de cassation (juin 1949).

Graciés en juillet 1949, les accusés seront amnistiés en 1956, mais ne retrouveront la liberté que lors de l'Indépendance en 1960.

Sources :

Jacques Tronchon, L'insurrection malgache de 1947, Karthala, 1986; Pierre Vidal-Naquet, La torture dans la République, Maspéro, 1972, page 18-19.


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Jacques Morel 2003-05-03