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1er mai 1898: Sac de Sikasso par le colonel Audéoud (Soudan)

En avril 1898, le colonel Audéoud qui cherche un coup d'éclat pour sa promotion, envoie le capitaine Morisson exiger de Ba Bemba, successeur de Tiéba, le « fama » de Sikasso (Mali actuel), et allié - imprudent- des Français dans leur guerre contre Samory, l'établissement d'une garnison française dans sa capitale. Ba Bemba refuse. C'est la guerre et le siège de Sikasso où les violentes contre-attaques des assiégés mettent à plusieurs reprises en danger les troupes françaises. Mais avec trois enceintes qui ont résisté pendant quinze mois à Samory, « la forteresse ne tient pas deux jours devant les obus modernes » écrit Gilbert Comte.

Sikasso résiste rue par rue. Un officier français, participant à la prise de Sikasso, décrit ainsi le sac de la ville :

« Après le siège, l'assaut. Ba Bemba se tue. On donne l'ordre du pillage. Tout est pris ou tué. Tous les captifs, 4 000 environ, rassemblés en troupeau.

Le colonel [Audéoud] commence la distribution. Il écrivait lui-même sur un calepin, puis y a renoncé en disant: « Partagez-vous cela » . Le partage a eu lieu avec disputes et coups. Puis en route! Chaque Européen a reçu une femme à son choix... On a fait au retour des étapes de quarante kilomètres avec ces captifs. Les enfants et tous ceux qui sont fatigués sont tués à coups de crosse et de baïonnette...

Les cadavres étaient laissés au bord des routes. Une femme est trouvée accroupie. Elle est enceinte. On la pousse à coup de crosse. Elle accouche debout en marchant. A coupé le cordon et abandonné l'enfant sans se retourner pour voir si c'est garçon ou fille.

Dans ces mêmes étapes, les hommes réquisitionnés en route pour porter le mil restent cinq jours sans rations; reçoivent cinquante coups de corde s'ils prennent une poignée du mil qu'ils portent.

Les tirailleurs ont eu tellement de captifs qu'il leur était impossible de les loger et de les nourrir. »

Sources :

P. Vigné d'Octon, La Gloire du sabre, Paris, Flammarion, 1900; cité par Jean Suret-Canale, Afrique Noire, Occidentale et Centrale, Éditions sociales, 1968, page 274-275; Gilbert Comte, L'empire triomphant, Denoël, 1988, page 85-86.


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Jacques Morel 2003-05-03