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13 janvier 1963: Assassinat de Sylvanus Olympio, premier président élu (Togo)

Le Togo devient indépendant le 27 avril 1960 et Sylvanus Olympio est élu président aux dépens de Nicolas Grunitzky, candidat soutenu par la France, lors d'élections supervisées par l'ONU.

Le 12 janvier 1963, d'anciens tirailleurs de l'armée coloniale française, dont le sergent-chef Etienne Gnassingbé Eyadema, démobilisés au terme de la guerre d'Algérie, prennent d'assaut le camp militaire Tokoin à Lomé. Ils réclament ce qui leur était refusé jusqu'alors, à savoir leur incorporation dans l'armée nationale. Les officiers français qui encadrent l'armée togolaise parlementent avec les mutins. « Vous n'y pensez-pas, leur auraient répondu les conseillers techniques métropolitains, jamais le Président n'acceptera une telle chose. Il vous fera plutôt fusiller. » Les insurgés prennent peur. Vers minuit, ils décident de prendre d'assaut la résidence présidentielle. Sylvanus Olympio réussit à s'échapper et tente de trouver refuge dans la cour de l'ambassade américaine. L'ambassadeur des États Unis le découvre mais n'a pas la clé pour le faire entrer dans l'ambassade. Il prévient son homologue français, Henri Mazoyer. Quelques instants après, les mutins se saisissent d'Olympio et le tuent. En 1967, Eyadema, qui revendiquera le crime, renverse le nouveau pouvoir présidé par Nicolas Grunitzky, poulain de Jacques Foccart. Depuis, le 13 janvier, date de l'assassinat d'Olympio, est jour de fête nationale. François Mitterrand l'a honoré de sa présence en 1983.

Implication de la France :

Sylvanus Olympio a eu le tort de s'être formé en Angleterre, d'inviter l'ancien commissaire impérial allemand du Togoland et de vouloir battre une monnaie nationale garantie sur le deutschmark (le Togo était une colonie allemande avant 1918). L'ambassadeur français plaidera la thèse de la bavure. Mais pourquoi les conseillers militaires français ne sont-ils pas intervenus? Tout porte à croire que les services secrets français ont encouragé les insurgés, en particulier le commandant Georges Maîtrier, membre du SDECE et conseiller de Olympio pour les affaires de sécurité! La France reconnaîtra le pouvoir issu du putsch avec lequel elle signera un accord d'assistance militaire.

Sources :

Pascal Krop, Le génocide franco-africain, J.C. Lattès, 1994, p. 111; François Xavier Verschave, La Françafrique - Le plus long scandale de la République, Stock, p. 109-126;


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Jacques Morel 2005-04-11