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25 octobre 1961 : Chant du déshonneur (Algérie)

Benoist Rey, soldat appelé, infirmier dans un commando de chasse dans la région de Djidjelli (Nord Constantinois) écrit ceci :

Je n'oublierai jamais l'écartèlement algérien, aux
quatre vents de l'agonie.
Ni les enfants, dans les ruines, cherchant qui pleurer.
Ni les hommes, fusillés à l'aube, égorgés la nuit, entre les murs de la honte.
Ni les femmes violentées.
Ni le hideux sourire du suborneur, mon camarade.

Je n'oublierai jamais les incendies dans la montagne,
les agneaux éventrés, au hasard de la cruauté,
Ni les pistes de haine, les cortèges de douleur.
Ni le regard faux des chefs, ordonnateurs de massacres,
Ni leur rire devant la torture, la bastonnade, la mutilation.

Dépassant l'arbitraire et l'absurde, je n'oublierai jamais
ce que fut notre guerre,
la guerre de nos vingt ans.
Faire la guerre,
c'est être moins qu'un homme et bien plus qu'un salaud.

Commentaires :

Le jour du mois, le 25 est arbitraire.

Sources :

Vérité Liberté numéro 12, octobre 1961; reproduit dans Benoist Rey Les égorgeurs, Éditions Los Solidarios, Le Monde Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris, 1999, page 105.


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Jacques Morel 2003-05-03