La France refuse de reconnaître le génocide

  • La France refuse de faire arrêter les massacres en faisant coopérer ses troupes d'Amaryllis avec la MINUAR et la force belge, Silver Back. Elle ferme son ambassade le 12 avril. Le 15, tous les militaires français sont censés être partis.

  • La France n'appelle pas le gouvernement intérimaire rwandais à faire arrêter les massacres.

  • Au Conseil de sécurité, le 29 avril, le représentant français s'oppose avec obstination à l'emploi du terme de génocide dans la déclaration présidentielle de Colin Keating.

  • C'est pour satisfaire la demande française qu'il est demandé au FPR comme au gouvernement intérimaire de faire cesser les massacres dans la zone qu'il contrôle. La proposition initiale de Keating ne mettait en demeure que le GIR de faire cesser les massacres.

    Source : L. Melvern, "A people betrayed - The role of the West in Rwanda's genocide", p. 180

    Le Conseil de sécurité demande au gouvernement intérimaire du Rwanda et au Front patriotique rwandais de prendre des mesures effectives afin d'empêcher de telles attaques contre les civils dans les zones qu'ils contrôlent. Il appelle les dirigeants de ces deux parties à condamner publiquement ces attaques et à s'engager pour que les personnes qui organisent ou participent à de telles attaques soient poursuivies et punies.

  • Une note du 2 mai du général Quesnot à François Mitterrand vient confirmer cette obstruction française :

  • La résolution 929 du Conseil de sécurité, rédigée par la France et autorisant l'opération Turquoise ne parle pas de génocide.

  • Après que, le 28 juin 1994, le génocide soit officiellement reconnu par le rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, René Degni-Ségui, la France est l'auteur avec l'Espagne d'une résolution du Conseil de sécurité votée le 1er juillet qui demande au secrétaire général de former d'urgence une commission « impartiale » d'experts chargés d'enquêter, de réunir des preuves sur le « de possibles actes de génocide »

  • Le 1er août 1994, Boutros Boutros-Ghali nomme enfin les membres de la commission d'experts créée par la résolution 935.