La colonisation du Rwanda : La racialisation de la société

Le Rwanda est un pays structuré qui n'a connu ni la ponction de l'esclavage ni l'exploitation des Européens. Trois groupes vivent en symbiose, les Twa, potiers de la forêt, les Hutu, agriculteurs, les Tutsi, éleveurs. Ils parlent la même langue et ont la même religion monothéiste. Ils ne constituent pas des ethnies différentes. La possession de vache est plus qu'une richesse, elle marque un rang social. Le roi tutsi, le Mwami, est dominant, mais ne contrôle pas tout le pays.

Jean-Paul Harroy, Rwanda, de la féodalité à la démocratie, 1955-1962, page 51.

Les Allemands, premiers colonisateurs, administrent le Rwanda en s'appuyant sur l'organisation sociale existante et sur les missionnaires, les Pères Blancs, arrivés avant eux. Ils renforcent le pouvoir du roi tutsi aux dépends des autres petits royaumes.

Les Belges prennent la place des Allemands et conviennent avec les Missionnaires que les Tutsi sont d'une race supérieure. Ils utilisent le roi et les chefs tutsi pour administrer le pays et prélever les impôts.

L'idéologie coloniale de la race

L'Église et les administrateurs belges, après les Allemands, s'attachent à distinguer des races, à travers la vision du marquis de Gobineau, fortement prégnante en Europe et prisme unique d'analyse des sociétés africaines. Ils classent les Rwandais en Bantous et Hamites, comme ils opposent en Europe les Aryens aux Sémites.

La racialisation de la société sera par la suite un dogme fondateur de la république Hutu