La menace de génocide des Tutsi est connue dès 1990

15 octobre 1990, Georges Martres, Ambassadeur de France : Les Tutsi craignent d'être victimes d'un génocide

Rapport de la Mission d'information parlementaire, Tome II, Annexes, p. 133

L'ambassadeur Martres répète, le 24 octobre, sa mise en garde d'un génocide probable :

ELLES NE PEUVENT ADMETTRE EN PARTICULIER QUE LEUR SOIT IMPOSE UN ABANDON TERRITORIAL, AU MOTIF D'ETABLIR UN CESSEZ-LE-FEU, AU PROFIT D'ENVAHISSEURS TUTSIS DESIREUX DE REPRENDRE LE POUVOIR PERDU EN 1959. ELLES PEUVENT D'AUTANT MOINS L'ADMETTRE QUE CEUX-CI MECONNAISSANT LES REALITES RWANDAISES RETABLIRAIENT PROBABLEMENT AU NORD-EST LE REGIME HONNI DU PREMIER ROYAUME TUTSI QUI S'Y EST JADIS INSTALLE; CE RETABLISSEMENT AVOUE OU DEGUISE ENTRAINANT selon toute vraisemblance L'ELIMINATION PHYSIQUE A L'INTERIEUR DU PAYS DES TUTSIS, 500.000 A 700.000 PERSONNES, PAR LES HUTUS 7.000.000 D'INDIVIDUS.

Rapport de la Mission d'information parlementaire, Tome II, Annexes, p. 134

Le général Jean Varret, chef de la Mission Militaire de Coopération, a indiqué devant la Mission comment, lors de son arrivée au Rwanda, le Colonel Rwagafilita lui avait expliqué la question tutsie : ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider

Rapport de la Mission d'information parlementaire, p. 276

L'ambassadeur Martres déclarera à la Mission d'information parlementaire :

Le génocide était prévisible dès cette époque [fin 1990], sans toutefois qu'on puisse imaginer l'ampleur et l'atrocité. Certains Hutus avaient d'ailleurs eu l'audace d'y faire allusion. Le colonel Serubuga, Chef d'état-major adjoint de l'armée rwandaise, s'était réjoui de l'attaque du FPR, qui servirait de justification aux massacres des Tutsis. Le génocide constituait une hantise quotidienne pour les Tutsis.

Rapport de la Mission d'information parlementaire, Tome III, Auditions, Vol I, p. 119